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Jules Barnard Books

La Séduction de Bran

La Séduction de Bran

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Main Tropes

  • attraction des opposés
  • erreur sur la personne
  • proximité forcée
  • L’impétueuse Ireland n’est rien de ce qu’il veut, et tout ce dont il a besoin. La flamboyante rousse Ireland est exactement le genre de beauté que Bran s’est fixé pour règle d’éviter après les erreurs qu’il a commises il y a dix ans. Mais quand elle atterrit sur ses genoux lors de la virée sur le lac que son frère lui a demandé d’assurer à sa place, il n’y a pas que l’embarcation qui tangue. Le cœur de Bran chavire aussi.

Résumé

Le mauvais frère…

Ireland a besoin de rebondir, et sa cousine la convainc de tenter sa chance avec un mauvais garçon au charme ravageur, doté d’un bateau à tomber et d’un corps de rêve. Mais quand Ireland embarque pour la populaire excursion alcool’eau qu’il organise sur le lac Tahoe, c’est son séduisant grand frère qui se trouve à la barre.

Bran aime les choses organisées et prévisibles. Surtout après les erreurs qu’il a commises il y a dix ans. Mais le décès récent de son
père a plongé sa vie paisible dans le chaos, propulsant Bran à la tête des restaurants étoilés de sa famille. Depuis, il s’efforce de rétablir l’ordre dans sa vie.

Or il ignore à quel point elle va se compliquer.

La flamboyante rousse Ireland est exactement le genre de
beauté que Bran s’est fixé pour règle d’éviter. Mais quand elle atterrit sur ses genoux lors de la virée sur le lac que son frère lui a demandé d’assurer à sa place, il n’y a pas que l’embarcation qui tangue. Le cœur de Bran chavire aussi.

L’impétueuse Ireland n’est rien de ce que veut Bran, et tout ce dont il a besoin.

Découvrez le premier chapitre

Le coup de coude de sa cousine faillit renverser Ireland de son tabouret en bois, à la pizzeria.

Cali pointa du menton une table un peu plus loin.

– Regarde qui est là.

Ireland prit des lunettes dans son sac et les chaussa. Elle les retira aussitôt et les remit dans son sac, puis tritura le coin de sa serviette.

– J’ai rencontré les frères Cade une demi-douzaine de fois. Je sais qui ils sont.

Cali bigla vers le sac d’Ireland. 

– Mais tu ne les as pas vus, n’est-ce pas ? Quand j’ai dit que tu devrais sortir sans tes lunettes, j’ai pensé que tu mettrais des lentilles. Tu vas te faire tuer si tu n’en portes pas.

– Les lentilles m’irritent les yeux. Et Dieu merci, je ne conduis pas sans lunettes.

Cali n’eut pas l’air convaincue.

– Tu as déjà envisagé la chirurgie ?

Ireland fronça les sourcils. 

– Tu aimerais qu’on te charcute le globe oculaire ?

Cali plissa le nez.

– Exactement, continua Ireland. Quand j’aurai le courage de me faire opérer au laser, je te le ferai savoir. De toute façon, je n’ai pas les moyens pour le moment.

– Eh bien, en attendant, remets tes fichues lunettes, car il y a deux Cade célibataires ici, et ils sont hyper sexy. Tu devrais sortir avec l’un ou l’autre.

Ireland leva ses yeux myopes au plafond. Elle n’avait pas besoin de voir net. Elle avait parfaitement conscience de la présence des frères Cade.

– J’apprécie que tu veuilles m’aider à trouver un mec pendant mon séjour au lac Tahoe parce que tu as dégoté Jaeg ici, et il est, eh bien, Jaeger, mais je n’ai pas ta chance. Et puis, je veux une histoire qui arrive naturellement. Comme ça s’est passé pour Jaeg et toi.

Elle croisa le regard de Cali.

– Je ne dirais pas que ma relation avec Jaeg a commencé en douceur, mais on a tenu le coup. Eh oui, c’est un amant fabuleux, ajouta-t-elle en remuant les sourcils.

Ireland se pinça l’arête du nez.

– Pas de détails obscènes, merci.

Cali lui donna un nouveau coup dans l’épaule.

– En parlant de mon incroyable fiancé, il est pote avec les Cade. Ce sont des mecs bien ; tu devrais donner une chance à l’un d’entre eux. Ton approche faut-que-ça-arrive-naturellement est nulle. Tu n’as pas eu un seul rencard depuis ton arrivée.

Ireland fronça les sourcils.

– J’ai passé les cinq dernières années à côtoyer des inadaptés sociaux en me tuant au travail. Sortir avec un mec n’est pas une priorité. Ce qui ne m’empêche pas de trouver certains hommes attirants.

Dont un frère Cade qu’Ireland n’allait pas mentionner. Cela ne ferait qu’exciter Cali.

– C’est pourquoi il est temps que tu fréquentes des hommes normaux. Tous les mecs avec qui tu as travaillé n’étaient que des geeks boutonneux sans vie sociale, non ?

– Pas tous. Et si ce sont des geeks, moi aussi.

– Tu dois résilier ton abonnement au club des intellos. Tu n’utilises même pas les applications que tu as développées pour chatter en ligne avec des célibataires.

– Pour rencontrer un inconnu qui se révèle être un sociopathe ?

Cali recula sur son siège.

– Mince. Tu t’es vraiment fait esquinter dans cette boîte de merde.

– Quel rapport avec ma vie amoureuse ?

– Parce que tous les mecs avec qui tu travaillais étaient des connards, d’après ce que tu m’as raconté. Je crois que ça t’a laissé des cicatrices.

C’est le cas de le dire.

– Je veux que tu oublies cet endroit. Ce n’était pas la vie normale. Tu es au lac Tahoe maintenant, et les choses sont différentes ici. Tu peux soit draguer en live – par exemple en entreprenant l’un des beaux gosses Cade –, soit utiliser une appli de rencontres. Selon ce qui marche le mieux, sourit Cali. Parce qu’on sait toutes les deux que passer tes journées enfermée avec des petits génies de l’informatique n’a pas servi ta vie amoureuse.

– Je travaille dans un des hôtels-casinos les plus chics du lac Tahoe. Certains de mes collègues sont vraiment sympas.

– Tu m’as dit que tous les beaux mecs sont mariés.

Je n’aurais pas dû le préciser.

– En revanche, les frères Cade… insista Cali en jetant un coup d’œil dans la salle. C’est du capital humain local de premier choix.

– Tu viens vraiment de les qualifier de capital humain ?

– Oui, et alors ? Ils sont canon.

Les Cade étaient séduisants. Un en particulier. Et il manifestait zéro intérêt pour Ireland.

– Ils ne s’intéressent pas à moi.

Cali se frappa le front du plat de la main.

– Bon sang, Ireland. Tu t’es regardée dans la glace ?

– Oui, tout à fait. Lunettes, peau blanche, chevelure flamboyante, dit Ireland en levant les yeux comme si elle réfléchissait. Hanches un peu trop larges.

Cali secoua la tête.

– On appelle ça des courbes, et réjouis-toi d’en avoir. Certaines filles n’ont pas cette chance.

– La beauté physique est subjective. Je pense personnellement que je me situe quelque part dans la moyenne.

– À l’évidence, nous sommes cousines, parce que tu es bornée. Ireland, tu es intelligente et belle. As-tu seulement envisagé de laisser un homme t’approcher maintenant que tu es loin du monde débilitant de la Silicon Valley ?

Ireland repensa à la fête d’anniversaire du Club Tahoe à laquelle elle avait assisté avec Cali et Jaeg. Et à sa tentative d’aborder Bran. 

– Oui. Et si tu penses aux Cade, c’est mort. Du moins de leur côté. 

Cali plissa les yeux.

– Alors tu les aimes bien. Lequel ? Trois sont intouchables à cause d’une fiancée, épouse ou autre, mais les deux derniers ? Genre, ceux qui sont assis à une dizaine de mètres ?

– Bran n’est pas intéressé. Il me regarde méchamment.

Cali fit la moue.

– D’après ce que je sais, Bran n’est pas du genre à avoir des rencards. Ce qui est bien dommage parce qu’il est délicieux. Et Hunt ?

– Le don Juan ?

– Don Juan, Don Camillo – on s’en fout. Il est sublime et très amusant. Inutile de t’impliquer émotionnellement. Tu as juste besoin d’un tour de chauffe après six ans de réclusion chez les geeks, et Hunt est pile le mec qu’il te faut pour relancer la machine.

Ireland lui lança un regard noir.

– Est-ce une référence à mes ovaires ?

Les lèvres de Cali s’entrouvrirent pour prononcer un silencieux quoi ?

– Vois-le comme une séance de remise en forme. Ça fait combien de temps que tu n’es pas sortie avec un homme ?

Un an ? Deux ans ? 

– Un moment.

– C’est là où je veux en venir. Tu dois sortir avec quelqu’un pour être à l’aise quand le mec dont tu vas tomber amoureuse se présentera. Tu peux être un peu…

Ireland soupira.

– Dis-le. Je suis maladroite.

– Seulement quand tu es nerveuse, précisa rapidement Cali.

– Donc tout le temps quand je suis avec des gens que je ne connais pas.

Cali se tordit la bouche.

– Il faut de l’entraînement. Tout le monde n’est pas à l’aise en présence d’inconnus.

Ou d’hommes séduisants, pensa Ireland.

– Si tu fais quelques rencards sans pression, tu seras moins stressée.

Malheureusement, Cali avait raison.

– Oui, je comprends ce que tu veux dire.

Elle sourit. Mais cette fois, ce n’était pas à Ireland.

Ireland chaussa ses lunettes et suivit le regard de sa cousine.

Jaeg venait d’entrer dans la pizzeria et se dirigeait vers elles.

Ireland rangea ses lunettes. 

– Ton amoureux est là. 

Un ronronnement monta de la poitrine de Cali, parce que visiblement, elle avait déjà perçu sa présence. Ses phéromones avaient dû l’avertir au moment où il franchissait la porte.

Ces deux-là. Heureusement que la chambre d’amis se trouvait à l’autre bout de la maison. Ireland portait des bouchons d’oreille la nuit pour ne pas entendre par inadvertance des bruits qu’elle n’avait pas du tout envie d’entendre.

Jaeg arriva à leur table et se pencha pour embrasser Cali sur la bouche.

– Bonsoir, mesdames. Comment ça va ?

Il prit un siège à côté de Cali et étendit son grand bras sur le dossier de sa chaise. Cali lui souriait comme si elle ne l’avait pas vu depuis des semaines alors qu’ils s’étaient quittés ce matin.

Cali voyait son fiancé plus souvent que la plupart des couples, Jaeg travaillant chez lui dans son atelier de menuiserie et sculpture sur bois. On aurait pu penser que la passion des débuts aurait déjà disparu, mais non, ils déclenchaient toujours l’alarme incendie d’un simple regard.

Ce qui était plutôt sympa. 

Ireland n’était pas jalouse. Pas du tout.

D’accord, elle les enviait à mort.

Ireland n’avait jamais eu ce genre d’alchimie avec un homme. Elle était heureuse pour Cali, mais elle mentirait en disant qu’elle ne voulait pas vivre la même chose. Voilà pourquoi elle envisageait sérieusement de sortir avec ce Hunt, même si c’était un don Juan. Et même si c’était son frère Bran qui attirait son attention. Cali avait raison : Ireland avait besoin d’un tour de chauffe niveau rencard, et Bran n’était pas intéressé par elle.

Ireland avait appris il y a longtemps qu’une relation avec un homme qui n’était que légèrement intéressé n’en valait pas la peine.

– Tu es sûre que Hunt sortirait avec moi ? demanda-t-elle. Je ne coucherai pas… si jamais c’est ce qu’il cherche.

Cali s’arracha à sa fascination pour Jaeg et reporta son regard sur Ireland.

– Hunt n’est pas comme ça. Il semble aimer la compagnie des femmes — toutes les femmes. En plus, ce mec n’a pas besoin de faire d’efforts pour s’envoyer en l’air. Les filles jettent leur culotte sur son passage. Un rencard avec toi serait un rince-bouche rafraîchissant.

Jaeg mâcha une bouchée de leurs restes de pizza et s’essuya la bouche, posant son avant-bras nu sur la table.

– Hunt t’intéresse ?

– Pas exactement, dit Ireland.

– Ireland a juste besoin de…

Cali traîna distraitement les doigts le long du bras de Jaeg. Où ils s’attardèrent. Elle aplatit la main et la fit coulisser de haut en bas sur son avant-bras musclé d’un geste évocateur.

– Cali, s’offusqua Ireland.

Cali retira la main du bras de son fiancé.

– Comme je disais (elle s’interrompit et regarda Jaeg comme si elle ne venait pas tout juste de palper ses muscles), Ireland a besoin d’un ou deux rencards pour briser les scellés. Elle a été enfermée avec des geeks férus de jeux vidéo qui n’avaient aucune vie sociale.

Ireland leva l’index.

– J’ai beaucoup joué aux jeux vidéo. Et je suis aussi déficiente qu’eux sur le plan de la sociabilité.

– Exactement, dit Cali. Des aveugles qui guident des aveugles ! Et dans ton cas, c’est littéralement.

Véridique. Ireland ne voyait rien sans lunettes. Mais elle tentait de changer son image d’intello binoclarde à intello-mais-pas-trop. Et elle ne mentait pas au sujet des lentilles de contact. Elles lui tuaient les yeux. Jusqu’à ce qu’elle en achète de nouvelles ou ait le courage de se faire opérer, elle était myope comme une taupe.

– Si tu veux sortir avec Hunt, je peux lui glisser deux mots, dit Jaeg.

Puis il but la bière de Cali et lorgna une autre part de pizza. Apparemment, l’appétit d’ogre allait de pair avec les géants, car Jaeg semblait manger tout le temps. Ireland et Cali avaient beau manger comme quatre, l’appétit de Jaeg les faisait passer pour des grignoteuses.

Ireland secoua la tête.

– Non. C’est gênant.

– Il suffit de pas grand-chose, dit Cali. N’est-ce pas, Jaeg ?

– Nan. Il n’y verra que du feu. Je lui dirai qu’on veut te faire visiter Tahoe, et je lui demanderai les trucs sympas à faire.

Ireland froissa la serviette qu’elle avait déchiquetée.

– Alors d’accord.

– Tu vois ? dit Cali en lui pressant la main. Ça va être super cool. Hunt est un chic type.


* * *


– C’était quand, la dernière fois que tu t’es envoyé en l’air ? s’enquit Hunt.

Les frères de Bran l’asticotaient sans cesse sur sa vie intime, et cette discussion devenait lassante.

Il baissa la visière de sa casquette de baseball. Il ne voyait pas au-delà du comptoir de la pizza bondé.

– Je n’ai pas besoin de baiser. Je me suffis à moi-même.

Hunt ricana.

– J’emmerde l’autosuffisance. Le destin de nos parents ne t’a rien appris ? La vie est trop courte. Tu dois vivre à fond pendant que tu le peux encore.

Bran, Hunt et leurs trois frères avaient perdu leur mère quand ils étaient enfants. Hunt était un bambin à l’époque. Leur père étant lui aussi mort d’un cancer à un âge relativement jeune, leur famille se limitait désormais à eux cinq. Pas de tantes, oncles, ni cousins à contacter, car leur père avait coupé les ponts avec la famille après la mort de leur mère.

Bran jeta un regard noir à Hunt.

– Je ne veux pas m’amuser comme toi.

– Qu’est-ce que tu insinues ?

Bran pencha la tête en arrière et contempla le plafond.

– Voyons… d’abord, il y a eu la petite amie de Levi.

À dix-huit ans, Hunt avait couché avec la copine de leur frère aîné. Cela avait été un cauchemar.

Hunt remua sur son siège.

– C’était il y a des années, et Levi m’a pardonné.

– Parce qu’il est tombé amoureux d’Emily.

– Exactement.

Bran secoua la tête. Emily avait mis du plomb dans la cervelle de leur frère aîné Levi, l’adoucissant, et lui faisant réaliser l’importance de la famille. Elle avait aidé à apaiser les tensions entre Levi et Hunt. Quoique…

– Il y a aussi le fait que tu te tapes tout ce qui bouge.

Hunt fit la moue.

– Là, tu es insultant. J’ai des critères de sélection.

Bran arqua un sourcil.

– D’accord, je n’ai pas les mêmes critères que toi, mais tu n’as pas dragué depuis des années. On est tous curieux de connaître tes critères, vu qu’ils t’empêchent de fréquenter le sexe opposé.

Bran n’avait pas demandé l’avis de son frère, mais c’était inutile. Il se prenait des scuds régulièrement, qu’il le veuille ou non.

Ce n’était pas tant que Bran avait des principes qui régissaient sa vie, mais il pesait soigneusement ses options avant de faire quoi que ce soit d’inconséquent.

Comme ce qu’il avait fait quand il était au lycée.

Cela avait changé sa façon de voir le monde.

Mais Bran ne manquait pas une occasion de moucher Hunt.

– Mes critères sont simples. Je préfère la discrétion au tape-à-l’œil.

Hunt pointa Bran du doigt.

– Et c’est bien là ton problème. Il n’y a rien de déshonorant à taper dans l’œil. Le bling-bling, c’est fun. Ça t’évoque quelque chose, frérot ? Fun ? Je crois me souvenir d’une époque où tu savais t’amuser, mais c’est tellement loin, putain, que ma mémoire est floue.

Cela faisait un moment que Bran ne s’était pas lâché. Parce que pour lui, c’était synonyme d’emmerdes. L’expérience avait prouvé que son jugement était nul, alors il avait choisi de bannir ce genre d’amusement.

– Où veux-tu en venir ?

– Tu ne penses pas qu’il est temps de te lâcher ? dit Hunt en bougeant les épaules comme un boxeur qui se prépare au combat. Je ne dirais pas que tu es coincé, mais…

Bran roula des yeux, puis balaya la salle à la rechercher de la serveuse. Où était sa bière, bon sang ?

Son frère Wes lui boucha la vue et tira une chaise.

– Je ne reste pas longtemps. Kaylee est épuisée, alors je dois m’occuper du bébé pour qu’elle se repose. Qu’est-ce que j’ai manqué ? Ça parlait de s’amuser ?

Leur frère Adam débarqua ensuite, son regard passant rapidement de Wes à Bran.

– Bran s’amuse ?

Adam héla la serveuse d’un élégant geste du poignet plaqué Armani. Il portait un costume tous les jours pour travailler et il s’en fichait complètement. On ne pouvait pas en dire autant de ses frères qui préféraient les tenues décontractées aux costards griffés.

– Non, c’est bien le problème, dit Hunt en tendant le cou. Où est Levi ?

Ils tournèrent la tête vers l’entrée, juste au moment où Levi arrivait avec sa petite amie, Emily, qui travaillait avec eux au Club Tahoe.

Parfait. Ils étaient tous là maintenant, et décidés à faire chier Bran.

Levi et Emily s’assirent en face de lui.

– On ne reste pas longtemps, annonça Levi.

– C’est le thème de ma soirée, grommela Hunt. Aucun de vous n’est drôle. Rappelez-moi de ne pas me caser. Ça vous a tous rendus chiants à mourir.

Levi le fusilla du regard.

– Ça n’a rien à voir avec le fait d’être en couple, même si ça te permettrait de travailler plus et t’amuser moins. Certains d’entre nous essaient de faire tourner le Club Tahoe pour qu’il continue d’être une source d’emplois dans la région. Oh, et on a mûri avec les années. Mais je suppose que ça te passe au-dessus.

Si Levi et Hunt avaient rebâti les ponts coupés entre eux, certaines choses ne changeaient pas. Ils se tapaient toujours sur les nerfs.

– Travailler plus ? dit Hunt, ignorant le commentaire de Levi sur le fait de mûrir avec les années. Je travaille à plein temps au club, tout comme toi. Mais quand je ne travaille pas, je m’amuse. Parce que je sais comment passer du bon temps, contrairement à vous, pauvres andouilles.

Levi secoua la tête et s’adressa à Bran.

– Il est irrécupérable. Et toi ? Le nouveau système de commande est en place et fonctionne ?

Dans le but d’attirer une plus grande clientèle dans ses restaurants, sur un site touristique où la concurrence faisait rage, Bran avait convaincu Levi d’investir un paquet de fric dans les nouvelles technologies pour la restauration. Bran était responsable des quatre restaurants du Club Tahoe, et estimait qu’ils pourraient traiter un nombre de commandes bien plus élevé avec ce nouveau matériel. Seulement le système exigeait un effort d’apprentissage énorme de la part de son personnel.  

– En grande partie, répondit Bran. Les employés sont encore en formation.

– Et le service technique du fournisseur ? Ils vous aident ?

– Ils nous aident, mais j’ai plus de soixante employés à plein temps et à temps partiel à gérer. Ça prend des semaines de les mettre tous à niveau.

– Compris, dit Levi avant de s’adresser à Emily, posant une main possessive sur sa cuisse. Tu as testé le système ?

Les yeux d’Emily s’illuminèrent.

– Bien entendu. Tu sais à quel point j’aime ma tablette. Et les tablettes du restaurant sont bien plus pointues que la mienne, avec toutes sortes de fonctions amusantes pour divertir les clients. On a déjà constaté un bond des revenus de l’affiliation avec la nouvelle app de Keno qu’on a installée.

La serveuse posa une bière devant Levi, qui avala une gorgée.

– Bien vu, Bran. Tant qu’il n’y a pas d’incident, je ne vois pas en quoi être hi-tech pourrait nuire au club.

Bran se frotta la mâchoire. Le nouveau système s’annonçait comme un succès, mais Bran avait du mal à se fier à son instinct, et cet investissement reposait uniquement sur son intuition. Si ça faisait un flop, il en porterait la responsabilité.

– Regardez qui est là, dit Hunt tout sourire en se levant pour serrer la main de Jaeg qui les rejoignait.

Immédiatement, les poils de Bran se hérissèrent. Si Jaeg était dans la pizzeria…

Bran balaya la salle des yeux. Et repéra la fiancée de Jaeg. Avec sa cousine, Ireland.

Et merde.

Jaeg et Bran discutèrent de la commande artistique que le club avait passée à Jaeg pour le steakhouse, et dont les croquis étaient finalisés.

Jaeg fit un signe de tête à Hunt.

– Tu fais quoi ces jours-ci ?

– Pas grand-chose. Pourquoi ?

– Cali veut faire découvrir le lac Tahoe à sa cousine. Si tu as prévu d’explorer les environs dans un futur proche, appelle-nous. On aimerait t’accompagner.

Hunt jeta un regard entendu à Bran et aux autres. 

– Voilà de quoi je parlais. Jaeg et Cali savent s’amuser.

Et Ireland, pensa Bran.

Son petit frère chaud lapin allait faire le quatrième pour qu’Ireland ne tienne pas la chandelle à Cali et Jaeg.

Bran crispa la mâchoire. Il n’aimait pas imaginer Ireland avec un mec, surtout son frère. Et le fait que ça le contrarie l’énervait encore plus.

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⭐⭐⭐⭐⭐ « Quand ces frères Cade tombent amoureux, ils tombent de haut. » ~ Avis de lecteur, La Séduction de Bran

Jules Barnard est une auteure à succès de USA Today dans les genres romance contemporaine et fantaisie romantique. Ses récits contemporains comprennent les séries Jamais avec lui et les Frères Cade. Elle écrit de la fantaisie romantique sous son nom de plume dans la collection Halven Rising que le Library Journal qualifie de « … nouvelle aventure fantastique passionnante. » Qu’elle écrive sur les hommes séduisants du lac Tahoe ou sur le monde féérique d’un campus universitaire, Jules nous délecte d’histoires captivantes, pleines d’amour et d’humour.

Quand Jules n’est pas en jogging en train d’écrire en se récompensant par des chocolats, elle passe du temps avec son mari et ses deux enfants dans leur petite ville natale sur la côte Pacifique. Elle a le super pouvoir d’être capable de lire en cavalant sur un tapis de course ou en brûlant le dîner.